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Gerard, G_FigureIII

par Natacha 21 Juillet 2016, 16:32

NB: A la fin de l'article, il y a un lien de téléchargement de l'ouvrage

 
Auteur : Gérard Genette

Titre : Figures III

Edition : Seuil, coll. Poétique, Paris, 1972.

Courant critique, idéologie, méthode : Poétique. Pour un renouveau d’une théorie littéraire. Pour une “poétique” de la littérature (rhétorique élargie, nouvelle rhétorique).

Sujet de l’ouvrage : élaborer une théorie du récit, appelée “discours du récit”.

Thèse : la méthode d’analyse (étude du discours narratif) est appliquée à La Recherche du Temps perdu.

Gerard, G_FigureIII

Structure :

  1. L’ordre.
  2. La durée.

  3. La fréquence.

  4. Le mode.

  5. La voix.

 

Synthèse de la 1ère partie, l’ordre :

 

Selon Christian Metz (Essais sur la signification au cinéma), le récit présente deux temps : ceux du récit et de l’histoire. Le temps de l’histoire est le temps mis pour raconter les événements. Les trois caractéristiques essentielles des relations entre temps de l’histoire et temps du récit sont : la différence entre l’ordre des événements dans l’histoire et l’ordre de leur disposition dans le récit. Les capacités de répétition de l’histoire et du récit se nomment la fréquence.

 

La reconstitution de ces ordres (du récit et de l’histoire) n’est pas toujours possible surtout pour certaines œuvres-limites comme les romans de Robbe-Grillet, où la référence temporelle se trouve volontairement pervertie. Les anachronies narratives s’effectuent à partir d’un degré zéro idéal, qui est la parfaite coïncidence temporelle entre le récit et l’histoire. Les analepses et prolepses sont des anachronies : l’analepse renvoie à un événement antérieur au point de l’histoire où on se trouve ; la prolepse est la narration d’un événement ultérieur à ce point de l’histoire. L’achronie concerne un événement coupé de toute relation avec le temps de l’histoire racontée, c’est un événement sans date et sans âge ; la syllepse est le nom donné aux groupes anachroniques. La notion même de temps du récit se heurte donc à la difficulté de le délimiter ; il faut donc renoncer à mesurer les variations de durée par rapport à un degré zéro.

 

Synthèse de la 2ème partie, la durée :

 

La correspondance entre le temps du récit et celui de l’histoire se définit alors en “constance de vitesse” ; la vitesse du récit se définit par rapport à la durée de l’histoire, mesurée en heures, jours, mois, pages. Le récit “isochrome” idéal serait donc un récit à vitesse égale, sans accélérations ni ralentissements de l’histoire. L’“anisochromie” définit les différentes vitesses qui qualifient le “rythme” de l’histoire : les “ellipses” accélèrent le rythme de l’histoire, les anachronies le ralentissent, de même que les descriptions, par exemple. Les éléments qui influent sur la vitesse narrative sont :

  • - Le “sommaire” : plusieurs journées (mois ou années) d’existence racontées en quelques paragraphes (quelques pages), sans détails d’actions ou de parole.

  • - La “pause ”: contraire du sommaire, l’histoire s’arrête pour décrire longuement un fait (la pause descriptive).

  • - L’“ellipse” : un moment de l’histoire n’est pas raconté.

  • - La “scène” : la totalité du récit proustien

 

Synthèse de la 3ème partie, la fréquence :

 

La “fréquence” narrative est la relation entre le récit et l’histoire, sur le plan de la répétition des événements. Il existe quatre types de répétitions :

  • - « Raconter une fois ce qui s’est passé une fois » : la scène est dite “singulative” (ou “singulière”).

  • - « Raconter plusieurs fois ce qui s’est passé plusieurs fois » : la scène est également “singulative”, le singulatif se définit, non par le nombre des occurrences de l’événement, mais par l’égalité de ce nombre dans le récit comme dans l’histoire.

  • - « Raconter plusieurs fois ce qui s’est passé une fois » : le récit est dit “répétitif”             .

  • - « Raconter en une seule fois ce qui s’est passé plusieurs fois » : le récit et dit “itératif”.

La “détermination” d’un événement est la place qu’il occupe dans le temps. Sa “spécification” est la place qu’il occupe à l’intérieur de ce temps. Son “extension” indique la durée de cet événement.

La diachronie interne est une durée “synthétique” : sans aucune spécification ; la diachronie “externe” est une durée développée.

 

Synthèse de la 4ème partie, le mode :

 

 Une histoire peut être plus ou moins racontée et selon tel ou tel point de vue ; le “mode narratif” concerne ces deux dimensions. La “diégésis” est le mode du récit pur, Platon le définit comme correspondant à celui employé par le poète quand il “parle en son nom” ; si le poète “s’efforce au contraire de donner l’illusion que ce n’est pas lui qui parle”, ce mode narratif se nomme “imitation” : “mimésis” pour Genette. La “mimésis” se définit alors par un maximum d’informations avec une présence minimale du narrateur, la “diégésis” par le rapport inverse.

 

Le “discours rapporté” et le “discours narrativisé” sont deux modes du récit de paroles. Le discours rapporté est sensé avoir été prononcé par le personnage ; le discours narrativisé est traité par le narrateur.

On distingue plusieurs focalisations :

  • - La focalisation “zéro” : représentée par un narrateur omniscient.

  • - La focalisation “interne” : le narrateur ne dit que ce que tel personnage sait.

  • - La focalisation “externe” : le lecteur ne connaît pas les pensées du héros.

Les variations de “point de vue” peuvent s’analyser comme des changements de focalisation ; mais aussi un changement de focalisation peut aussi s’analyser comme une infraction momentanée au code général qui régit un contexte donné ; il s’agit d’une modulation ou “altération”. Les deux types d’altérations sont la “paralipse” et la “paralepse“.

La “polymodalité” définit l’existence de modalités qui entrent en concurrence : par exemple, une focalisation externe et interne.

 

Synthèse de la 5ème partie, la voix :

 

La “Voix” désigne le narrateur, appelée “instance narrative”, et se définit selon les traces qu’elles ont laissées dans le discours narratif qu’elle est censée avoir produit.

Un texte peut présenter plusieurs niveaux narratifs. Tout événement raconté par un récit est placé à un niveau supérieur à celui où se situe l’acte producteur de ce récit : le niveau zéro définit la rencontre entre le temps de la narration (“ici et maintenant” de l’écriture) et celui de l’histoire. Le “récit premier” (celui qui encadre tous les autres récits) est dit “extradiégétique” ; les événements qui sont dans ce premier récit sont qualifiés de “diégétiques” (ou intradiégétiques). Les événements racontés dans le “récit second” sont dits “métadiégétiques”. Un narrateur peut être tour à tour diégétique ou extradiégétique, de même pour un personnage.

 

Les “métalepses diégétiques” sont des transgressions qui consistent à passer d’un niveau narratif à l’autre par un autre moyen que la narration : par exemple, intrusion du narrateur ou du narrataire (le bénéficiaire du récit) extradiégétique dans l’univers diégétique ou inversement (dans Jacques le Fataliste et son maître de Diderot).

 

L’emploi de la première ou troisième personne relève de deux attitudes narratives : faire raconter l’histoire par l’un de ses “personnages”, ou par un narrateur étranger à cette histoire. On distingue deux types de récits : l’un à narrateur absent de l’histoire qu’il raconte, l’autre à narrateur présent comme personnage dans l’histoire qu’il raconte ; le premier type est nommé “hétérodiégétique”, et le second “homodiégétique”.

 

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Vous pouvez voir aussi: http://www.litterales.com/document__id-9-Figures.html

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